Le présent document constitue les Statuts fondateurs du Parti politique KEMET. Ils ne sont pas un simple texte administratif, mais l’armature juridique et organisationnelle d’une vision. Ils traduisent dans la réalité des structures, des règles et des procédures l’ambition civilisationnelle exposée dans le Grand dessein et développée tout au long de nos réflexions sur la renaissance nationale, la refondation de l’État, la formation de l’homme nouveau et la traversée du siècle 2030-2130. Ces Statuts ont été élaborés dans l’esprit des discussions qui ont nourri notre travail collectif : la conviction que la politique ne peut plus être une affaire de carriéristes et de prédateurs, mais doit devenir un sacerdoce au service du bien commun ; la certitude que l’Ubuntu n’est pas un folklore mais une philosophie de gouvernement ; l’exigence que les institutions soient conçues pour durer et pour former des bâtisseurs, non pour satisfaire des ambitions personnelles ; et la volonté que le Parti lui-même soit un laboratoire de la société que nous voulons construire (démocratique, transparente, exigeante, tournée vers l’avenir, etc.).
Préambule
Nous, citoyens congolais, réunis en Assemblée constitutive ; considérant la Constitution de la République Démocratique du Congo et les lois en vigueur relatives aux partis politiques ; affirmant notre attachement à l’unité nationale, à la souveraineté, à la démocratie et à l’État de droit ; convaincus de la nécessité de refonder l’État congolais sur des bases de justice, de transparence, de responsabilité et de développement intégral ; et inspirés par la philosophie de l’Ubuntu, l’humanisme africain intégral, et par les idéaux de dignité, de liberté, d’égalité et de solidarité ; nous adoptons les présents Statuts qui établissent l’organisation, les principes, les objectifs et le fonctionnement du Parti politique Kemet, en vue de contribuer à l’édification d’une Nation souveraine, prospère et respectée.
Titre I : Dénomination – Siège – Durée – Devise – Emblème – Symbole
Article 1 : Dénomination. Il est créé en République Démocratique du Congo (RDC), conformément à la Constitution et aux lois en vigueur, un parti politique dénommé «Kemet», ci-après désigné «le Parti». De part l’origine du mot («Kmt» en égyptien ancien), le nom «Kemet» porte une double signification : d’une part, la terre noire fertile, et d’autre part, d’une manière plus large et symbolique, la terre des Noirs africains et leur peuple. Dans les 4 langues nationales, les formulations officielles du nom «Kemet» adaptées phonétiquement et respectant la structure syllabique typique en Afrique (consonne + voyelle) sont en Lingala Kemete ; en Kikongo Kemeta, en swahili Kimeta ; et en Tshiluba Kemeto.
Article 2 : Siège Social. Le siège social du Parti est établi à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Il peut être transféré en tout autre lieu du territoire national par décision du Congrès. Des sièges administratifs secondaires ou des représentations peuvent être établis dans les provinces et à l’étranger sur décision du Bureau Politique National.
Article 3 : Durée. La durée du Parti est illimitée.
Article 4 : Devise. La devise du Parti est : «Unité – Travail – Souveraineté».
Article 5 : Emblème et Symbole. L’emblème du Parti est une carte de la RDC stylisée avec un soleil levant. Le symbole du Parti est une étoile montante. Les couleurs du Parti sont le blanc, le bleu et le jaune. L’emblème, le symbole et les couleurs du Parti sont distincts de ceux des autres partis politiques et ne peuvent prêter à confusion. Le Règlement d’Ordre Intérieur en précise plus de détails.
Titre II : Nature – Buts – Principes et valeurs
Article 6 : Nature du Parti. Kemet est une organisation politique fondée sur l’Ubuntu-Maât, philosophie intégrale de l’être en relation et de l’ordre juste. L’Ubuntu, dont la maxime la plus expressive est «Je suis parce que nous sommes», établit que la personne humaine n’advient à sa plénitude que par et dans la communauté. La Maât, héritage de la civilisation kamite, est la quête de vérité, de justice et d’harmonie cosmique qui donne à l’action collective son orientation et sa finalité. La néguentropie, comprise comme la capacité à créer et maintenir de l’ordre, de la complexité et de la vie contre les forces de dissolution, est la loi fondamentale qui régit la vision du Parti. Une nation ne se développe que si elle produit plus d’organisation qu’elle n’en dissipe. Cela exige un État stratège, une économie productive, une éducation qui forme des créateurs, une culture qui transmet le sens, et une souveraineté qui protège des prédations externes. Le Parti puise également sa source dans le Lumumbisme, doctrine de souveraineté intégrale et de dignité intransigeante. Patrice Emery Lumumba incarne le refus de la servitude, l’exigence d’indépendance économique et politique, et la conviction que l’Afrique doit prendre sa place dans le concert des nations. Cette triple inspiration (Ubuntu-Maât comme fondement anthropologique et éthique, néguentropie comme loi de construction civilisationnelle, et Lumumbisme comme combat pour la souveraineté) guide l’élaboration de toutes les politiques du Parti. Fort de cela, Kemet se veut démocratique, républicain et laïc par conviction. Sa laïcité unifie sans diviser, garantissant à chaque citoyen, quelle que soit sa foi, une place égale dans la cité. Le pouvoir n’appartient ni à un individu, ni à une famille, ni à une oligarchie, mais au peuple et à la nation, incarnés dans des institutions fortes et des cadres dévoués. L’éducation que propose Kemet allie sciences, humanités et traditions. Dans un monde bouleversé par la IVe révolution industrielle, elle forme non des consommateurs de technologies, mais des créateurs souverains, capables de maîtriser l’intelligence artificielle, les biotechnologies et le quantique au service de la vie. L’économie de Kemet est productive et souveraine. Elle transforme la rente en puissance, utilise la science et la technologie pour créer l’abondance et réduire les inégalités. L’industrialisation planifiée, la densité énergétique, la transformation locale des ressources et l’entrepreneuriat national sont les instruments d’une liberté véritable. La Doctrine de Sécurité et Souveraineté Nationales Intégrales de Kemet englobe la défense militaire, mais aussi la sécurité économique, alimentaire, énergétique, sanitaire, numérique et cognitive. Elle vise à faire du Congo un territoire inviolable et résilient. La diplomatie de Kemet est une diplomatie de civilisation. Elle propose au monde une vision fondée sur l’Ubuntu, la coopération et la justice, dans le cadre d’un panafricanisme stratégique conçu comme coalition de nations souveraines. Enfin, la justice sociale est le souffle de la nation. Chaque citoyen a droit à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la participation civique. Les divisions ethniques, tribales ou religieuses sont transcendées par le principe unificateur de l’Ubuntu. C’est ainsi que Kemet vise à faire du Congo une Nation-Civilisation capable de rayonner comme puissance scientifique, culturelle, économique et morale. Chaque école construite, chaque loi promulguée, chaque invention est sur ce chemin un geste sacré d’édification du Congo nouveau.
Article 7 : Buts du Parti. Le Parti a pour buts principaux de conquérir et exercer le pouvoir politique par les voies démocratiques, conformément à la Constitution et aux lois de la République, afin de mettre en œuvre son projet ; promouvoir l’éveil de la conscience citoyenne, la formation politique de ses membres et de la population en général ; contribuer à l’expression du suffrage universel et à la vie démocratique de la nation ; assurer la représentation des citoyens au sein des institutions politiques à tous les niveaux (national, provincial et local). ; oeuvrer à la refondation de l’État congolais sur des bases de justice, d’intégrité, de compétence et de service public ; défendre l’indépendance nationale, l’intégrité territoriale, la souveraineté économique et culturelle de la RDC, et résoudre le problème de la dépendance technologique et cognitive ; guérir la RDC de la fragmentation identitaire et communautaire, de la corruption systématique et systématisée, de l’impunité, du népotisme, du néopatrimonialisme, du néocolonialisme, du tribalisme et de toutes les formes d’anti-valeurs, idéologies et pratiques qui la ruinent de l’intérieur et de l’extérieur ; promouvoir un développement économique endogène, inclusif et durable, garantissant une répartition équitable des richesses nationales ; favoriser l’industrialisation nationale par une politique de substitution aux importations, le développement d’infrastructures stratégiques et la création de chaînes de valeur locales ; mettre en place une Banque nationale de Développement et plusieurs autres instruments financiers souverains pour financer l’industrie stratégique, l’agriculture, l’éducation et la recherche ; et orienter la politique monétaire et budgétaire vers la croissance, l’emploi et l’investissement productif, en rupture avec les dogmes néolibéraux et monétaristes stérilisants, ou encore ceux socialistes appauvrissants ; garantir les libertés fondamentales, les droits humains, l’égalité des genres (hommes et femmes biologiques) et la protection des minorités ; mettre en oeuvre une vraie stratégie globale de renaissance dans le cadre du Modèle de Renaissance Stratégique et Intégrée dans un Contexte Néopatrimonial et Néocolonial (MRSI-CNN), tel que le définit le Projet de Société du Parti, et qui n’est ni un socialisme appauvrissant, ni un libéralisme stérilisant ; et oeuvrer à la formation d’une élite nouvelle (via l’Ordre des Bâtisseurs de Nation-Civilisation) recrutée au mérite, formée dans l’excellence et l’intégrité, et capable de servir l’État avec dévouement et de garantir la continuité de la vision par-delà les alternances politiques.
Article 8 : Projet du Parti pour la RDC. La vision et les buts du Parti, tels que définis aux articles 6 et 7, sont traduits en un document programmatique fondamental intitulé : «Le Grand dessein – Faire de la RDC une nation-civilisation puissante». C’est le Projet de Société, qui est adopté et révisé par chaque Congrès ordinaire, et qui décline la vision du Parti en objectifs stratégiques et en politiques publiques concrètes et chiffrées pour les cinq années à venir. Il s’inscrit dans la Traversée du Siècle 2030-2130, organisée en trois âges : la Survie organisée (2030-2050), la Grande Ascension (2050-2080) et l’Accomplissement civilisationnel (2080-2130). Il sert de base à l’élaboration du programme électoral pour l’élection présidentielle et constitue la feuille de route pour l’action gouvernementale et parlementaire des élus du Parti. Le Conseil National est chargé d’évaluer annuellement l’état d’avancement de ce Projet de Société sur la base d’indicateurs de performance clairs, dont l’Indice de Développement Civilisationnel (IDC).
Article 9 : Principes et Valeurs. L’action du Parti est fondée sur les principes et valeurs suivants : le respect et la protection de la vie humaine dans tous ses états ; le patriotisme et le panafricanisme ; la démocratie interne et externe (participation, consultation, débat contradictoire, respect des décisions majoritaires et des droits des minorités, etc.) ; l’intégrité, la probité et l’éthique publique ; la justice sociale et la solidarité ; la primauté de l’intérêt général ; la non-violence et le dialogue ; l’unité nationale et la cohésion ; la compétence, le mérite et l’excellence ; la redevabilité et la transparence ; la laïcité de l’État et le respect de la liberté de conscience ; le respect du vivant et de l’environnement, dans une perspective d’écologie de la puissance, non de décroissance appauvrissante ; l’exigence de vérité et de justice (Maât) comme fondements de l’ordre social ; ainsi que la priorité aux générations futures dans toutes les décisions stratégiques.
Titre III : Adhésion – droits et devoirs des membres
Article 10 : Conditions d’Adhésion. Peut adhérer au Parti tout citoyen congolais, sans distinction de sexe, d’origine ethnique, de religion ou de condition sociale, qui est âgé d’au moins dix-huit (18) ans révolus ; adhère aux présents statuts, au règlement intérieur et au Manifeste du Parti ; s‘engage à militer activement pour l’atteinte des objectifs du Parti ; n‘appartient pas à un autre parti politique ; et s‘acquitte de ses cotisations. Les modalités d’adhésion sont précisées dans le Règlement d’Ordre Intérieur.
Article 11 : Droits des Membres. Tout membre du Parti a le droit de participer aux activités et aux instances du Parti selon les modalités définies par les statuts et le règlement intérieur ; élire et être élu aux organes de direction du Parti, conformément aux critères établis ; exprimer librement ses opinions au sein des instances du Parti ; bénéficier des formations dispensées par le Parti ; être informé de la vie et des décisions du Parti ; être investi par le Parti comme candidat aux élections, selon les procédures internes ; se défendre devant les instances disciplinaires en cas d’accusation ; et bénéficier des programmes de formation et de mentorat du Parti, notamment au sein du de l’Institut Patrice Lumumba et des structures de l’Ordre des Bâtisseurs.
Article 12 : Devoirs des Membres. Tout membre du Parti a le devoir de respecter et défendre les statuts, le règlement intérieur, le Manifeste et le programme et les décisions du Parti ; participer activement à la vie du Parti et à la réalisation de ses objectifs ; payer régulièrement ses cotisations ; faire preuve de loyauté, de discipline et d’intégrité ; promouvoir l’image et les idéaux du Parti ; contribuer à l’unité et à la cohésion au sein du Parti ; s‘abstenir de tout acte ou propos susceptible de nuire au Parti ou à ses membres ; respecter les lois de la République ; suivre les formations politiques et idéologiques dispensées par le Parti pour élever sa conscience civique et sa compréhension des enjeux nationaux, africains et mondiaux ; et refuser toute forme de corruption, de clientélisme et de marchandisation du vote, et dénoncer ces pratiques.
Article 13 : Perte de la Qualité de Membre. La qualité de membre se perd par démission adressée par écrit à l’organe compétent, radiation prononcée par l’instance disciplinaire pour manquement grave aux devoirs, adhésion à un autre parti politique, et décès. Les procédures de radiation sont définies dans le Règlement Intérieur.
Titre IV : Organisation et structures du Parti
Article 14 : Organes du Parti. Les organes du Parti sont au niveau national le Congrès, le Conseil National (ou Convention Nationale), le Bureau Politique National, la Commission de Contrôle et de Vérification, le Conseil National de Prospective et d’Éthique Publique, le Conseil de Médiation et de Conciliation (Conseil des Sages), et la Commission de Discipline. Au niveau provincial la Fédération Provinciale, dirigée par un Comité Fédéral et un Secrétariat Exécutif Fédéral. Au niveau local (ville, commune, territoire, secteur/chefferie) : la Section (dirigée par un Comité Sectionnaire) et la Cellule de base. Ainsi que les Ligues Spécialisées (Jeunes, Femmes, Cadres et Intellectuels, etc.). Dans leur composition, tous les organes du Parti doivent tendre vers la parité homme-femme. En aucun cas, la proportion de membres d’un même sexe biologique ne pourra être inférieure à quarante pour cent (40%). Ce principe s’applique également à la composition des listes de candidats pour les scrutins de liste.
Article 15 : Le Congrès. Le Congrès est l’organe suprême du Parti. Il se réunit en session ordinaire tous les [cinq (5)] ans et en session extraordinaire à la demande du Bureau Politique National ou des deux tiers (2/3) des membres du Conseil National. Le Congrès est composé des délégués élus des fédérations et sections, des membres du Conseil National, des membres du Bureau Politique National, des parlementaires du Parti, et d’autres catégories définies par le Règlement Intérieur. Le Congrès a pour attributions principales de définir l’orientation politique générale et la stratégie du Parti ; adopter et modifier les statuts et le règlement intérieur ; élire le Président du Parti et les autres membres du Bureau Politique National ; investir le candidat du Parti à l’élection présidentielle ; approuver le programme du Parti ; examiner et approuver les rapports d’activités et financiers ; et prononcer la dissolution du Parti.
Article 16 : Le Conseil National (ou Convention Nationale). Le Conseil National est l’organe souverain du Parti entre deux Congrès. Il est le garant de la ligne politique et du respect des statuts. Il se réunit au moins une fois par an en session ordinaire. Outre le contrôle de l’activité du Bureau Politique National, le Conseil National a pour attributions exclusives d’adopter le budget annuel du Parti sur proposition du Bureau Politique National et en approuver l’exécution ; de débattre et voter le rapport politique et financier annuel ; un vote de défiance sur le rapport financier entraîne la mise sous tutelle de la trésorerie jusqu’au prochain Congrès ; d’adopter les stratégies électorales et les alliances politiques majeures ; et de voter, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres, une motion de défiance à l’encontre du Bureau Politique National ou de l’un de ses membres pour manquement grave. L’adoption d’une telle motion entraîne la convocation d’un Congrès extraordinaire. Le Conseil National peut être convoqué en session extraordinaire à la demande du Bureau Politique National ou de la moitié plus un de ses membres. Sa composition, qui assure la représentation de toutes les fédérations et structures du Parti, est détaillée dans le Règlement Intérieur.
Article 17 : Le Bureau Politique National. Le Bureau Politique National est l’organe exécutif et de direction permanente du Parti. Il met en œuvre les décisions du Congrès et du Conseil National et assure la gestion politique et administrative quotidienne du Parti. Il est composé de membres de droit et de membres élus par le Congrès pour un mandat de cinq (5) ans. Sa composition est fixée comme suit : le Président du Parti ; un premier vice-président ; trois vice-présidents, en charge de domaines stratégiques définis ; un secrétaire général, coordonnateur de l’administration du Parti ; un secrétaire général adjoint ; les présidents des ligues spécialisées (jeunes et femmes) ; ainsi que des secrétaires nationaux, à la tête de départements techniques, dont obligatoirement le secrétaire national chargé du Projet de société et de l’idéologie, le secrétaire national chargé des finances et du patrimoine (Trésorier) ; le secrétaire national chargé de l’organisation et de l’implantation, le secrétaire national chargé des élections et des affaires juridiques, le secrétaire national chargé de la communication et porte-parole du Parti, le secrétaire national chargé de la prospective et de l’évaluation stratégique, ainsi que le Secrétaire national chargé de la formation idéologique et de l’Ordre des Bâtisseurs. Les décisions du Bureau Politique National sont prises de manière collégiale et solidaire. Aucune décision majeure (stratégie électorale, alliance politique, orientation programmatique) ne peut être prise sans un débat préalable au sein du Bureau et, le cas échéant, une consultation des instances appropriées. Nul ne peut exercer la fonction de Président du Parti pour plus de deux mandats consécutifs de cinq ans. Au terme de ses deux mandats, le Président sortant est membre de droit à vie du Conseil National, avec voix consultative, en reconnaissance de ses services rendus au Parti. Cette disposition vise à garantir le renouvellement démocratique à la tête du Parti, à favoriser l’émergence de nouveaux leaders et à prémunir le Parti contre la personnalisation du pouvoir. Le Règlement d’Ordre Intérieur précise les autres modalités de fonctionnement du Bureau Politique National.
Article 18 : Organes de Contrôle, de Discipline, de Médiation, de Prospective et d’Avant-garde.
⊛ La Commission de Contrôle et de Vérification (CCV). La probité et la discipline sont les piliers de la crédibilité du Parti. La Commission de Contrôle et de Vérification et la Commission de Discipline sont des organes indépendants. Leurs membres sont élus par le Congrès sur la base de leur intégrité reconnue et de leur connaissance du Parti. Ils ne peuvent être membres du Bureau Politique National. La CCV est composée de cinq (5) membres, dont un Président, élus pour un mandat de cinq (5) ans. Elle est chargée du contrôle a posteriori de la gestion financière et administrative de tous les organes du Parti. Elle vérifie la régularité des comptes et la conformité des dépenses avec le budget adopté par le Conseil National. Elle dispose d’un droit d’accès à tous les documents financiers et comptables du Parti. Elle produit un rapport annuel détaillé, qui est présenté au Conseil National et rendu public auprès de tous les membres du Parti. Ce rapport est un prérequis à l’approbation des comptes par le Conseil National.
⊛ La Commission de Discipline (CD). La CD est composée de sept (7) membres, dont un Président, élus pour un mandat de cinq (5) ans. Ils doivent justifier d’une bonne connaissance des textes du Parti et, si possible, de notions juridiques. 2. Elle est la seule instance habilitée à prononcer des sanctions pour manquement grave aux statuts, au règlement intérieur ou à l’éthique du Parti. Elle peut être saisie par tout membre du Parti, par le Bureau Politique National ou peut s’auto-saisir sur la base de faits avérés. 4. La procédure devant la Commission est contradictoire et garantit les droits de la défense, incluant le droit à être entendu et assisté. Ses décisions sont motivées et notifiées par écrit. Le Règlement Intérieur précise les échelles de sanctions et les procédures détaillées, sans pouvoir déroger aux principes d’indépendance et de droit à la défense inscrits dans les présents statuts.
⊛ Le Conseil de Médiation et de Conciliation. Il est institué un Conseil de Médiation et de Conciliation, aussi appelé «Conseil des Sages». Il est composé de cinq (5) membres, reconnus pour leur probité morale, leur sagesse et leur longue expérience au sein du Parti. Ils sont élus par le Congrès et ne peuvent exercer de fonction exécutive. Le Conseil peut être saisi pour arbitrer les conflits non disciplinaires entre les membres ou les organes du Parti. Son rôle est de privilégier le dialogue et de trouver des solutions consensuelles pour préserver l’unité et la cohésion du Parti. Ses avis, bien que consultatifs, revêtent une haute autorité morale.
⊛ Conseil national de prospective et d’éthique publique. Le Conseil National de Prospective et d’Éthique Publique est institué comme organe consultatif de réflexion stratégique. Il est composé de neuf à quinze personnalités reconnues pour leur expertise scientifique, leur intégrité morale et leur vision prospective. Elles sont choisies parmi les membres du Parti et, pour un tiers, en dehors du Parti, parmi des personnalités indépendantes partageant les valeurs fondamentales de la renaissance nationale. Sa mission est d’éclairer le Parti sur les grands enjeux de l’avenir (science, technologie, environnement, géopolitique, éthique publique, etc.) et de veiller à la cohérence des politiques proposées avec les valeurs de l’Ubuntu et de la Nation-Civilisation. Ses avis, bien que consultatifs, sont rendus publics et s’imposent comme références de haute autorité idéologique et stratégique. Le Conseil produit un rapport annuel sur l’état de la nation et les défis à long terme, qui est débattu par le Conseil National.
⊛ Ordre des Bâtisseurs de la Nation-Civilisation. Il est institué, au sein du Parti et en lien avec les institutions nationales, un Ordre des Bâtisseurs de la Nation-Civilisation. Cet ordre n’est pas un organe de direction, mais une communauté de formation et d’excellence, ouverte aux membres du Parti les plus méritants et aux personnalités extérieures partageant la vision. Sa mission est de former une élite politique, administrative, scientifique et culturelle, imprégnée des valeurs de l’Ubuntu, de la quête de Maât et de l’exigence d’intégrité. L’accès à l’Ordre se fait par concours ou par cooptation, sur la base du mérite et de l’éthique. Les modalités de son fonctionnement sont définies dans le Règlement d’Ordre Intérieur.
Article 19 : Structures Décentralisées et Ligues Spécialisées. Le Parti est organisé selon un principe de subsidiarité, où chaque niveau de pouvoir dispose d’une autonomie d’action pour les questions qui relèvent de sa compétence territoriale, dans le respect de la ligne politique nationale. Il est ainsi établi une Fédération dans chaque province de la RDC. Elle est l’échelon de coordination, d’animation politique et de mise en œuvre de la stratégie du Parti au niveau provincial. Elle est dirigée par un Comité Fédéral élu par l’ensemble des adhérents de la province lors d’un Congrès Fédéral. Ce comité élit en son sein un Secrétariat Exécutif Fédéral. La Fédération est responsable de l’organisation des élections internes pour les scrutins provinciaux et locaux, sous la supervision des instances nationales. La Section est l’unité du Parti au niveau de la ville, de la commune, du territoire ou du secteur/chefferie. Elle est le lieu du débat politique local et de la mobilisation militante. La Cellule de base est l’organe de proximité du Parti, regroupant les membres au niveau du quartier, du village ou du lieu de travail. Elle est le premier lieu d’accueil, de formation et d’action militante. Son animation est essentielle à la vie du Parti. Les Ligues des Jeunes, des Femmes, et des Cadres et Intellectuels sont des structures transversales dotées d’une autonomie d’organisation pour mener des actions spécifiques en direction de leurs publics respectifs. Leurs Présidents sont membres de droit des organes de direction aux niveaux correspondants pour assurer la prise en compte de leurs perspectives. Les Ligues sont encouragées à développer des programmes de formation et d’action spécifiques, en lien avec l’Ordre des Bâtisseurs et l‘Institut Patrice Lumumba, pour préparer la relève et assurer la transmission de la vision. Le Règlement d’Ordre Intérieur définit les modalités de fonctionnement détaillées de ces structures, en conformité avec les principes édictés dans le présent article.
Titre V : Relations avec d’autres partis et regroupements politiques
Article 20 : Principe de Synergie et d’Alignement. Kemet considère que la refondation de la RDC ne peut être l’œuvre d’un seul parti. Kemet est donc un parti ouvert au dialogue et à la collaboration avec toutes les forces qui partagent l’essentiel de sa vision et ses valeurs fondamentales, dans le respect de l’autonomie de chacun. Cependant, elle refuse les alliances de circonstance, les compromissions avec les forces de la prédation et les arrangements électoraux sans base programmatique solide. Toute alliance ou regroupement politique doit être fondé sur un accord programmatique clair et public, et non sur de simples arrangements électoraux. L’intérêt supérieur de la Nation doit en être le seul guide. Kemet s’interdit ainsi toute alliance avec des formations politiques dont les dirigeants ou les pratiques sont notoirement associés à la corruption, aux anti-valeurs ou à des atteintes aux intérêts fondamentaux de la RDC, de l’Afrique et de l’Humanité.
Article 21 : Mécanismes de Concertation. La décision de nouer une alliance stratégique au niveau national relève de la compétence exclusive du Conseil National, sur proposition du Bureau Politique National. Pour la mise en œuvre de ces alliances, des cadres de concertation permanents peuvent être créés, réunissant des délégués de Kemet et des partis partenaires pour assurer le suivi des accords et la coordination des actions. Au niveau provincial et local, les Fédérations peuvent engager des collaborations ponctuelles avec d’autres forces politiques, après approbation du Bureau Politique National, afin de garantir la cohérence de l’action du Parti sur l’ensemble du territoire.
Article 22 : Principes de Soutien Réciproque. Dans le cadre d’une alliance électorale formelle, le soutien réciproque peut prendre la forme de désistements en faveur du candidat le mieux placé ou de listes communes. Le soutien peut également être parlementaire, à travers la formation de groupes parlementaires communs ou le vote coordonné de lois conformes au programme de l’alliance. En dehors de tout cadre électoral, Kemet s’engage à un soutien de principe et à une solidarité active avec toute force démocratique qui serait injustement attaquée ou dont les droits fondamentaux seraient bafoués, au nom de la défense de l’État de droit. Dans toutes ses alliances, Kemet veillera à préserver son identité, ses valeurs et son projet. Elle n’acceptera aucune alliance qui l’obligerait à trahir ses engagements fondamentaux envers le peuple congolais.
Titre VI : Désignation des candidats aux élections
Article 23 : Procédures de Désignation. Le Parti participe à toutes les élections (présidentielles, législatives nationales et provinciales, sénatoriales, municipales, urbaines et locales) conformément à la loi électorale. La désignation des candidats du Parti est fondée sur les principes de démocratie, de compétence, d’intégrité, de l’engagement militant, de représentativité et de l’adhésion démontrée aux valeurs et idées du Parti, ainsi que de la participation préalable aux programmes de formation de l’Ordre des Bâtisseurs pour les candidats aux élections nationales. Pour l’élection présidentielle et les élections législatives nationales, le Parti a recours à des élections primaires ouvertes à tous les membres à jour de leurs cotisations. Le Congrès conserve la prérogative d’investir formellement le candidat à la présidence, sur la base du résultat des primaires. Pour les autres scrutins (provinciaux, locaux, sénatoriaux), les candidats sont désignés par les instances fédératives ou locales compétentes réunies en assemblée générale, par un vote à bulletin secret des membres des comités directeurs concernés. Le Règlement Intérieur définit les modalités pratiques d’organisation de ces scrutins internes, notamment le calendrier, les conditions d’éligibilité des candidats et les mécanismes de supervision pour garantir leur transparence. Tout candidat investi par le Parti s’engage, par une déclaration solennelle, à respecter le programme sur la base duquel il est élu et à rendre compte régulièrement de son action devant les instances du Parti et devant les citoyens. La violation grave de cet engagement peut entraîner des sanctions disciplinaires, y compris l’exclusion du Parti.
Titre VII : Ressources du Parti
Article 24 : Origine des Ressources. Les ressources du Parti proviennent de cotisations des membres ; des dons, legs et libéralités de personnes physiques ou morales, conformément à la législation en vigueur sur le financement des partis politiques ; des produits des activités du Parti (manifestations, publications, etc.) ; de financement public éventuel, conformément à la loi ; etc. Le Parti s’interdit de recevoir des fonds d’origine illicite ou de nature à compromettre son indépendance. Le Parti met aussi en place un système de transparence radicale de ses finances, avec publication annuelle détaillée des comptes et des sources de financement. Il encourage le financement populaire par les cotisations et les dons des militants, comme garantie de son indépendance vis-à-vis des intérêts économiques.
Article 25 : Gestion des Ressources. La gestion des ressources du Parti est assurée avec transparence et rigueur, sous le contrôle de la Commission de Contrôle et de Vérification. Un rapport financier annuel détaillé, certifié par la CCV, est présenté pour adoption au Conseil National. Une fois adopté, ce rapport est rendu public et accessible à tous les citoyens sur le site internet officiel du Parti. Il est obligatoirement également communiqué aux organes de contrôle indépendants et aux médias pour garantir la transparence et la confiance.
Titre VIII : Discipline au sein du Parti
Article 26 : Sanctions. Tout manquement aux dispositions des présents statuts, du règlement intérieur ou aux décisions des organes du Parti expose son auteur à des sanctions disciplinaires. Les sanctions, allant de l’avertissement à la radiation, sont définies dans le Règlement d’Ordre Intérieur et appliquées par la Commission de Discipline, dans le respect des droits de la défense. La corruption, le clientélisme, la trahison des engagements électoraux, ainsi que les propos ou actes contraires aux valeurs de l’Ubuntu et de la dignité humaine sont considérés comme des fautes graves passibles des sanctions les plus sévères, y compris la radiation définitive.
Titre IX : Modification des statuts et dissolution
Article 27 : Modification des Statuts. Les présents statuts ne peuvent être modifiés que par le Congrès, à la majorité des deux tiers (2/3) des délégués présents ou représentés. Toute proposition de modification doit être inscrite à l’ordre du jour du Congrès et communiquée aux membres au moins trente (30) jours avant sa tenue.
Article 28 : Dissolution du Parti. La dissolution du Parti ne peut être prononcée que par le Congrès, à la majorité des trois quarts (3/4) des délégués présents ou représentés, convoqué spécialement à cet effet. En cas de dissolution, le Congrès décide de la dévolution des biens du Parti, conformément à la loi.
Titre X : Dispositions transitoires et finales
Article 29 : Règlement Intérieur. Un Règlement Intérieur, adopté par le premier Congrès ordinaire ou par le Conseil National sur habilitation du Congrès Constitutif, précise les modalités d’application des présents statuts.
Article 30 : Organes Provisoires. Pour la phase de lancement et jusqu’à la tenue du premier Congrès ordinaire, des organes provisoires (Comité d’Initiation, Bureau Provisoire) pourront être mis en place par l’Assemblée Constitutive pour assurer la direction et l’implantation du Parti. Leurs pouvoirs et leur durée seront définis par une résolution de l’Assemblée Constitutive.
Article 31 : Entrée en Vigueur. Les présents statuts entrent en vigueur dès leur adoption par l’Assemblée Constitutive. Ils seront déposés auprès des autorités compétentes conformément à la loi.
Fait à Kinshasa, le 30 juin 2026,
Les Membres Fondateurs.